DSK : PLUS T’EN METS, PLUS T’EN AS
Vus, La Revue (32)
Il est tout beau, il est tout neuf, ne l’attendez plus, il est arrivé. Il est en jean parce qu’il est jeune, il est paritaire parce qu’il est moderne, il est plein d’énarques parce qu’il est efficace, il est plein de demi-diplômés parce qu’il est progressiste, il représente tous les courants de la gauche parce qu’il est ouvert, parce qu’il veut vous plaire, parce qu’il veut leur plaire, parce qu’il n’a pas le choix.
Il est prêt pour vous, il est déjà au travail, séchez vos larmes d’inquiétude, séchez vos larmes de joie, la République qui protège, la République irréprochable, la République ambitieuse a franchi les portes du pouvoir.
-Et il en faut de l’ambition et du courage pour soumettre leur portefeuille au vote des Français. Hein, Najat ? Hein, Christiane ? Je vous entends déjà pousser des cris d’orfraie : « Comment ? Ces ministres ont renoncé à se présenter aux législatives ? ». Rien à voir avec la promesse actée de quitter le gouvernement en cas de défaite. C’est juste que le déménagement prend plus de temps que prévu. On murmure dans les couloirs de la République qu’il a fallu employer la méthode forte pour déloger tout ce petit monde UMPiste. Le Collectif Jeudi Noir s’est insurgé, Michel Mercier hurlait à la mort accroché aux colonnes de l’hôtel Bourvallais, alors que Rachida Dati, trop contente de cette expulsion en bonne et due forme, reprenait noblement sa place Vendôme et annonçait à son tour renoncer à la députation. Il reste encore certaines choses à clarifier, mais on avance, ne craignez rien, on avance.
-Faut dire que le nouveau Tonton ne s’occupe pas beaucoup de ses brebis. A peine élu, le voilà qui fait le zouave avec Valoche à Camp David. Dur apprentissage des us et coutumes internationaux. Alors qu’on lui serine depuis 3 ans qu’il fait cheap, François arbore fièrement sa cravate, somme Valoche de mettre des chaussures ultra talonnées à plateforme et… provoque quolibets et ricanements dans le monde entier. Il reste encore certaines choses à clarifier, mais on avance, ne craignez rien, on avance.
-Heureusement que le PS tient bon et se dresse, fier et droit tel un rempart contre les errements normaux d’un début de règne. Il faut vraiment être débile pour penser que Martine Aubry est aigrie, la preuve : elle va faire des meetings avec Jean-Marc Ayrault. Ségolène Royal est ravie, elle n’a pas du tout tapé sur Peillon le lendemain de sa nomination donc tout va bien. Jack Lang est en vacances, Emmanuelli s’est reconverti dans la mode, Delphine Batho quitte son logement social et DSK a un nouveau procès au cul : vous voyez bien que les choses se clarifient !
-Alors qu’à l’UMP… A l’UMP c’est la débâcle. Au point qu’ils sont obligés d’être honnêtes : « La parité ? Ah oui, la parité… Non, on n’a pas pu la respecter… Pourquoi ? Ah bah parce qu’on voulait gagner ! ». On applaudit bien fort la tentative désespérée de sincérité de Jean-François Copé. A leur décharge, c’est la première fois que l’UMP est le seul parti à ne pas respecter la parité. Forcément, si les copains changent les règles du jeu sans les prévenir…
-M’enfin il y a bien plus grave que tout ça. Le chanteur de « Stayin’ alive » est mort. Même les Bee Gees ne respectent plus leur parole.
-Reste la Mélenche, la seule, la vraie en qui on ose encore croire. Et quel courage politique que d’affronter la Marine sur ses propres terres, en terrain hostile chez les ploucs d’Hénin-Beaumont ! Mélenchon se dit qu’ils ne doivent pas savoir lire et ne verront pas les différences de programme. Les différences de programme. LES DIFFERENCES DE PROGRAMME ! Vous êtes sourds ou quoi ?
-J’arrête là la mauvaise foi, d’ici à ce que quelque votant de l’extrême gauche ne rugisse dans les commentaires. Je laisse la provoc aux extrêmes et m’en vais rejoindre les cohortes mainstream qui se rêvent sur la Croisette. Comme chaque année, il pleut. Comme chaque année, elles ont des robes pas pratiques du tout. Comme chaque année, l’une d’elle va perdre une bretelle devant les photographes. Et comme chaque année, on récompensera une grande suprise du cinéma français, un illustre inconnu qui fait un film avec une illustre inconnue, qui cette fois s’est plus ou moins fait manger les jambes par un orque. Heureusement qu’il nous reste Cannes pour rêver.
A bon entendeur, salut, sortez couverts, je soupçonne le joli mois de mai de vous vouloir du mal.
Vus, La Revue (31)
Nous sommes le 6 mai 2012, les néonazis entrent au Parlement grec et vous n’en avez rien à foutre. Nous sommes le 6 mai 2012, et la caméra de France 2 filme depuis 10 minutes le pneu d’une moto. Nous sommes le 6 mai 2012, Yannick Noah prend la Bastille après avoir placé son argent en Suisse, Josiane Balasko et Clémentine Célarié font la fête au pied de la statue, Nadine Morano s’énerve et France 2 filme désormais le pneu de la moto de devant. Nous sommes le 6 mai 2012, et tout va bien.
- Il est 20h, et deux gamines aux joues barrées de lettres obscures (NS ?) hurlent : « enculééééés, enculééééés », les larmes aux yeux. Tout va bien.
- 20h15, un bandeau en bas de l’écran nous informe que sur 50% des dépouillements, Hollande est à 50,3, Sarkozy à 49,7. 20h16 : Ségolène Royal dit que c’est une victoire claire et nette. Tout va bien.
-20h30, Morano est fatiguée d’être aimable. La bave lui monte aux lèvres, le rictus de haine apparaît, elle disjoncte et se met à proférer des propos incohérents. 20h31, on la sort du plateau. Tout va bien.
-Nicolas Sarkozy dit qu’il nous aime. Je ne retrouve pas ma bassine. Tout va bien.
-« Priorité aux coulisses ! » hurle Pujadas. France 2 filme dans un silence pesant Thomas Hollande qui dit « ouais » au téléphone. « Priorité au direct ! » hurle Elise Lucet. France 2 filme une déclaration de Valérie Trierweiler. Sans le son. Les journalistes ne sont pas nuls, non, ils sont fatigués.
-21h. Les drapeaux libanais, algériens et communistes flottent sur la place de la Bastille. Non mais les mecs, soyez raisonnables. Oncle Phil’ et Tante Béa sont déjà entrain de quitter le pays. N’en rajoutez pas.
-21h30. Chirac court de joie tout nu sous la pluie. Bernie court après Chirac. Tout va bien.
-22h15. Jospin a les dents jaunes.
-22h24. Hortefeux est sur France 2. On entend les bottes qui claquent sous la table. Tout va bien.
-22h29. Jérôme Cahuzac trouve Pujadas « coquin ». « Coquin ». C’est le mot que je cherchais moi aussi depuis le début de la campagne.
-« Oui bah Bedos il va attendre, hein ! ». Ca y est, Guaino s’est énervé. « Mais si les Français disent que la terre est plate, je ne vais pas leur donner raison ! » On sort Guaino du plateau.
-Loïc de la Mornais interroge de « jeunes militants » sur la place de la Bastille. « Alors, z’êtes contents ? », qu’il demande. « Nique sa mère ! » qu’ils répondent. Tout va bien.
-23h02. France 2 prend enfin une bonne décision : couper le son quand Yannick Noah monte sur scène.
-23h03. Laurent Delahousse a mis trop de gel.
-André Valini dit que François Hollande ne crie jamais. André Vallini n’a donc jamais mis les pieds à un de ses meetings.
-23h14. Priorité à l’information. La cousine de François Hollande dit qu’il était gentil et rieur quand il était petit. Tout va bien.
-23h15. Je réalise qu’avec l’arrivée des Cocos au pouvoir, je vais devoir rationner mon poisson rouge. Rien ne va plus.
-Serge Raffy rappelle que Hollande a été délégué de parents d’élèves, FOG a trouvé la Corrèze très belle, Moscovici slame sur scène, Marine Le Pen accuse NKM d’avoir fait gagner le PS, Guaino s’enlève de la salade entre les dents, Pujadas promet qu’on va parler politique «tout à l’heure », France 2 diffuse un sondage montrant qu’une majorité de Français pense que la situation va s’empirer.
-23h45. Je renonce. Je lance « Intouchables », parce que je suis anticonformiste. Je laisse la France fêter sa victoire, je laisse la France oublier ses scories, je laisse l’UMP se lamenter, je laisse les socialistes ouvrir le champagne. Dans un mois, Carla quittera Nico, dans deux mois Angela se fâchera avec François, dans trois mois Chichi passera l’arme à gauche, dans 6 mois Mitt Romney sera élu aux USA, dans un an les néonazis entreront au Parlement italien, dans deux ans la droite française explosera, dans trois ans la gauche française explosera, et dans quatre ans le score du Front national explosera.
Mais aujourd’hui, Yael Naïm s’époumone à la Bastille, Pujadas cite Léon Blum et Robert Hue a retrouvé sa barbe d’antan. Aujourd’hui, tout va bien.
Celui qui ne mangeait pas assez de soupe et celui qui mangeait trop de gâteaux
Tout a commencé par une invitation innocente de la grande manitou d’Abominabilis à regarder le match de boxe Hallonde-Sorkazy. Nous voilà donc tous réunis au grand complet autour d’assiettes de cochonnaille, de fromage et de vin. Il s’agissait de se mettre au diapason. On est patriote ou on ne l’est pas. Nous allions entonner la Marseillaise quand notre grand gourou à tous a déclaré : « Les gars, vous devez tous écrire une petite ligne sur cette émission».
C’est ce que j’appellerai un gentil traquenard ! J’ai tout lâché, le petit verre de rouge, ma cigarette, et la tartine de camembert. J’ai chaussé mes lunettes pour me concentrer sur cette sombre histoire de débat. Trônaient gaiement David Pujadas et son célèbre monosourcil, et Laurence Ferrari toute de noire vêtue pour l’occasion. Il fallait tout de même nous faire oublier le blanc de vierge effarouchée du premier tour. Et puis, les deux gus se faisaient face. François, raide comme un piquet, avec ses lunettes fin De Gaulle-début Georges Pompidou. Bon élève, le type. Nicolas, quant à lui bougeait son corps. Et que je te remonte l’épaule gauche, deux fois. Et que je t’agite le bras droit, quatre fois. Et que je te massacre le stylo. Le trublion du fond de classe, en somme.
Tout a débuté dans une ambiance de franche camaraderie. Le jeu était très simple : trouver qui a le plus souffert. Notre Nicolas, tristement international, se plaignait : « Je suis passé par tous les personnages de l’Histoire, Pétain, Franco et pourquoi pas Hitler tant qu’on y est !». Et l’autre de geindre : « Parce que vous croyez que moi, on ne m’a pas critiqué ?! J’ai eu le droit à tous les surnoms ». Ah oui ! Pour toi, François, rien que pour toi, les commentateurs ont donné dans l’alimentaire : Flamby, Cochonou et tutti quanti. Pendant que se jouait ce débat de fond, une question me taraudait. « Mais diantre ! Que s’est il passé dans la vie de ces deux bonhommes pour qu’ils veuillent être Président ? ». Délégué de classe, pourquoi pas ? C’est sympa. Tu rentres dans la cour des grands, tu parles aux professeurs pour de vrais et tu as l’impression de défendre la veuve et l’orphelin en plaidant la cause de tes petits camarades. Maire passe encore. Tu es un peu le propriétaire d’une ville. C’est du sim city à grande échelle. Et ça ce n’est tout de même pas rien. Tu peux faire construire des ronds points, si ça te chante. Tu peux même décider de participer à la grande opération « Ville fleurie ». Mais Président ! Président ! C’est non.
Je ne nie pas les avantages incontestables de la fonction. Il est sur que cela offre un certain nombre de passes droits. Tu manges au frais de la princesse (des contribuables en l’occurrence), tu habites dans une grande maison à Paris, tu serres la paluche de Merckel ( et ça n’est pas donné à tout le monde!) et tu as même l’opportunité de faire édifier des bâtiments qui porteront ton nom. A ce propos, j’attends toujours que le Quai Branly soit rebaptisé : «Quai Chirac ». Pour le reste, je doute que notre futur président connaisse des petits matins qui chantent. C’est à dire qu’en étant le premier fonctionnaire de la République, les problèmes des autres deviennent automatiquement TES problèmes. Evidemment, parmi ceux là, il y aura la crise (la crise, la crise, rien que la crise) mais aussi les fermetures d’usines, les faits divers et avariés, et la hausse du prix du pétrole. Le lecteur notera que cette liste est très loin d’être exhaustive… Finalement, tout cela c’est l’histoire de deux petits garçons. Un n’a pas assez mangé de soupe et l’autre a trop pris de desserts. Et ces deux petits bouts ont du décider un jour, il y a très longtemps, qu’ils rentreraient sérieusement dans la cour des grands…et des maigres.
Le mot fléché (18) : débattre
On ne peut pas y couper. Les lendemains qui déchantent sont là pour nous le rappeler : hier, devant vos yeux ébahis et vos bouches entrebâillées, vous avez peut-être assisté au-débat-d’entre-deux-tours (tout attaché). Vous ne pouviez pas le rater, il n’y en avait qu’un. Vous étiez plus de 20 millions devant vos écrans à scruter, attentivement, entre deux verres de vin rouge et une bonne tranche de sauciflard, les moindres mimiques et dérapages verbaux de nos deux compétiteurs. Cette petite phrase mythique qui fera mouche, celle que l’on enseignera encore sur les bancs des écoles de com’ dans vingt ans. François Hollande VS Nicolas Sarkozy donc. Dans l’arène politique, c’est l’heure de débattre.
Comme son nom l’indique, débattre vient du mot “battre”, doublé d’un petit préfixe “dé”, qui souligne l’intensité de cette bataille sémantique. Débattre, c’est se battre sans arme ni poing mais avec ses mots à soi (“calomniateur”/”menteur”), ses petites phrases millimétrées (“Vous aviez peur!”/”Moi, président de la République…”), ses piques acérées (“Ponce pilate” (de loin, ma préférée)).
Débattre donc, c’est discuter avec une personne en exposant des arguments. Des exemples. Des idées. Des choses qui vont faire avancer… le débat. Débattre pour marquer des points, gratter des voix et l’amitié de certains électeurs récalcitrants, grappiller des points dans les sondages, caresser l’espoir d’un nouvel électorat.
En regardant le crâne reluisant de François Hollande et les épaules sautillantes de Nicolas Sarkozy, il vient à l’esprit – instantanément – une autre expression : se débattre. Expression courante qui exprime un certain malaise : “Faire beaucoup d’effort pour résister, pour se dégager“. Comme quand Nicolas Sarkozy semble adopter une gestuelle de combat, allez, j’anime mes épaules et j’esquive la pique acide de mon Flamby préféré, je griffonne sur mon petit carnet à spirales pour rester cool, calme, zen (“petit con, petit con, petit con“). Reste le spectateur qui s’est aussi débattu contre le sommeil, lancinant. Cela dit, pour certains, ce débat a volé haut. Très haut. Juste assez pour décrocher la lune.
Le mot fléché (17) : compatible
Je vous vois venir. Avec vos gros sabots et votre petit jeu de mots facile. Je ne céderai pas aux sirènes de l’humour crasse. Non, je ne dirai pas que le mot compatible pourrait s’écrire avec un “n” plutôt qu’un “m”. Non, jamais. Je ne change pas de bord orthographique comme ça, moi.
En revanche, je peux vous apprendre aisément que le mot “compatible” vient du latin “compatibilis“. Il est la contraction douloureuse entre l’expression “compati” (“souffrir de”) et le préfixe “con“, qui signifie “avec” (pour les incultes, il y en a toujours qui traînent sur cette page). Les hispanophones auront déjà compris, les autres riront bêtement.
Compatible donc, c’est ce dont on souffre, ce qu’on doit endurer, supporter. Un poids sur la conscience, un mot qui pèse dans les urnes, parfois l’équivalent d’un âne mort. Marine Le Pen est-elle donc compatible avec la République? Libération renchérit : et Sarkozy, est-il compatible avec la République, lui? Puisqu’après tout, c’est toujours celui qui dit, qui est. Descartes aurait certainement approuvé cette maxime.
“Compatible : qui peut exister, s’accorder“. Soit, pour être compatible, il faut donc co-exister, mêler deux entités sans que l’une n’absorbe totalement l’autre. Il faut s’entendre donc, oui mais pour s’entendre, il faut s’écouter, pour s’écouter, il faut se parler, pour se parler… il faut pouvoir se voir. Se supporter, s’encourager, se soutenir, se rallier. CQFD. Être compatible, c’est un peu comme se demander si l’on peut se fondre dans la masse. Autant un Flanby fond facilement, pour le reste, Saint Thomas dirait qu’il faut voir. Être compatible, c’est finalement sympathiser. Comme avec l’ennemi ou le Diable, au choix. Un certain Godwin me tape sur l’épaule, cette phrase s’arrête donc à ce point, juste ici, hop. Comme on dirait dans cette émission télé d’intellectuels : next.
On en oublierait presque, qu’être compatible signifie aussi, littéralement : “être facilement modulable, voire connectable avec une interface“. La définition de notre cher Larousse en ligne rajoute, un tantinet taquin : “modulable sans interface ni manipulation“. Une définition, comme les résultats de cette élection, qui nous laisse… sans voix.
Vus, La Revue (30)
Voilà déjà trois jours de cris d’orfraie. Diantre, nous avons 20% de fascistes en France. On est passé de : « Maman, Papy, il aime pas les arabes, c’est ça ? » à : « Oui et ton frère non plus, il les aime pas. » Et là, c’est la débandade. Les réseaux sociaux se déchaînent, mes amis Facebook invitent à poser des bombes dans ce pays vicié par le racisme et la bêtise. L’opinion appelle à la haine contre le parti de la haine, on ressort Fils de France de Damien Saez et on brandit le portrait de celle que l’on aimerait voir brûler en enfer.
Vous avez raison, amis abominables, vous avez raison. Brûlons-les, ces salauds de racistes, de toutes façons on est trop nombreux en France. Débarrassons-nous des vieux qui s’accrochent à leurs sacs dans le métro, des jeunes mécheux qui ne sont pas racistes parce qu’ils ont des copains noirs, des bobos parisiens qui adorent Barbès mais n’iraient pas y habiter, de vos parents qui vous ont mis dans le privé pour échapper aux ‘mauvais élèves’, de vos grands-parents qui s’étonnent que la femme de ménage en plus d’être noire soit sympa, de votre oncle qui ne supporte plus la musique de black sur MTV, de votre mère qui vous demande d’être tolérant et recompte deux fois la monnaie à la boucherie hallal, de votre cousine qui trouve que ça sent « le poivre » dans le métro à Château Rouge, de votre meilleur ami qui vous dit que le kasher est plus cher parce que les juifs ont de l’argent.
Et là on vivra enfin seuls, vous et moi, les chantres de la tolérance, l’amour fait homme, la générosité à l’état pur. On aura raison et on sera beau et la vie aussi sera belle et il n’y aura plus de méchant parce qu’il n’y aura plus personne.
-Vous aussi, vous avez suivi la soirée électorale dimanche dernier ? Vous aussi, vous avez adoré les « priorités au direct », les images tremblotantes de la caméra presque cachée d’I-télé qui essayait vainement de capter Hollande à la descente de son avion ? Vous aussi vous avez été déçu de voir que l’homme qu’ils filmaient était en fait un CRS avec un casque ? Comme je vous comprends. N’ayez crainte, la soirée électorale reprend le 6 mai.
-Et l’actualité ne s’arrête pas pour autant. Johnny en ce moment a un redressement fiscal de 9 millions d’euros au cul. Ca fait tache après Yannick Noah. Du coup Sarko l’a appelé pour lui demander d’arrêter la politique. Il a assez de grandes figures avec Depardieu et les frères Bogdanov, il ne faudrait pas que le ridicule de la situation égratigne sa campagne.
-Chirac, lui, a dit qu’il voterait Hollande. Bernie a dit non, Chirac a dit si, Bernie a dit « prends tes cachets », Chirac n’a plus rien dit. Anosognosique qu’on vous répète. Dans les cabinets, il se murmure que le médecin personnel de Chirac aurait aussi été appelé par Sarko.
- Sinon Hulk fait son grand retour au cinéma, Bruel aussi (mais pas dans le rôle de Hulk), le Royaume-Uni est en récession, Scarlett Johansson s’est fait refaire le nez, la Corée du Nord prépare un nouveau missile, Mein Kampf va être édité en Allemagne et la vache folle revient en Californie.
C’est dommage que Cheminade n’ait pas passé le cap du deuxième tour. On aurait emmené Hulk sur la lune.
A bon entendeur, salut, bonne campagne à tous. Et faîtes attention, le FN va changer de nom, ne vous faîtes pas berner. Vous le reconnaîtrez au bruit et à l’odeur.



