Ils reviennent, ils sont partout. La peur se répand sur l’Occident, irrationnelle, éhontée. Vous tremblez, là haut, dans vos tours d’ivoire, vous tremblez de voir les barbus s’installer dans tous ces pays que vous pensiez avoir libérés ! Aaah la barbarie ! Aaah le prisme occidental… Mais dites-moi, les Frères Musulmans, combien de divisions ? Combien de barils ?
Le Maroc ? Foutu. La Tunisie ? Foutue. La Turquie ? Foutue de chez foutue. Vous pensez, des Islamistes au pouvoir ! C’est un peu comme si le président des Etats-Unis devait jurer sur la Bible.
Il y a quand-même une bonne nouvelle dans tout ça. La presse française va renaître de ses cendres : Charlie Hebdo a sa Une toute faite pour mercredi.
-Et notre barbu à nous ? Vous savez celui qui camoufle sa honte d’idole mise à terre derrière une barbe de trois parties fines ? C’est le big come back, the return of the pagaille. Avec les parties lilloises, on avait presque oublié le Sofitel. Mais Epstein, le grand journaliste américain complotiste, lui, n’a pas oublié. Il a vu une vidéo sur laquelle deux employés du Sofitel étaient heureux. Il a appris que l’UMP avait un jour intercepté un mail de DSK à sa femme. Il en a conclu que l’UMP avait payé le Sofitel pour piéger notre futur héro. Je suis rassurée. Le journalisme outre-Atlantique est de même qualité que le nôtre.
-Je sens quand-même le doute naître dans vos esprits. Cet acharnement, cette haine viscérale, toute cette encre versée contre l’Ancien Sauveur, ça cache forcément quelque chose. DSK est innocent, c’est un coup monté en beauté bientôt démonté, on va le démontrer. L’avocat de la déboutée, lui, est dégoûté. "Dire que Mme Diallo a participé à un complot est aussi absurde que de soupçonner Armstrong de ne pas avoir marché sur la Lune" a-t-il débité, dépité. M’enfin, en France, ça ne prendra pas. Il n’y a plus que les Américains pour croire qu’Armstrong a marché sur la Lune.
-Arrêtons avec les Amerloques. Eux, ils ont Obama, nous on a Hervé Morin : faisons un peu profil bas. A peine le pauvre avait déclaré sa candidature à la présidentielle, qu’on lui accrochait déjà une casserole au cul. Une sombre histoire de pur sang vendu à un barbu infréquentable de Dubaï avec soupçon de conflit d’intérêt. Et BIM. La cravache médiatique s’est abattue, adieu Hervé. La présidentielle, ça ne se gagne pas au PMU.
-Non, nous, on attend l’autre, le vrai, le seul, la plus belle paire de couilles centriste que l’on n’ait jamais vu. Et croyez moi, maintenant qu’il ne peut plus l’exhiber au Maroc (oui, les Barbus, tout ça), il va revenir fissa. Douste-Blazy, si tu me lis, la France a besoin de rire, la France a besoin de toi.
-C’est que Xavier Bertrand nous mine le moral avec ses mauvais chiffres. Je le vois encore arborer une gueule d’enterrement pour nous annoncer que ce mois-ci, c’est un peu raté, désolé les mecs. Alors forcément, moi, vous, nous, on ne sait plus sur quel pied danser. Parce que quand il était content, nous, on ne l’était pas plus. Maintenant qu’il l’est moins, on ne l’est toujours pas plus. Et plus les chiffres sont bas, moins on est content, et moins il en dit, plus on en voit et moins on en veut.
-Alors désolé, confrères du Monde.fr, mais votre question de Une, elle est purement rhétorique. « Qui veut encore sauver le climat à Durban ? » Personne. Quand on voit ce qu’on voit, qu’on sait ce qu’on sait et qu’on vit ce qu’on vit, on n’a surtout pas envie de s’emmerder avec le temps qu’il fait. On vous l’a dit, la présidentielle, ce n’est pas le PMU.
De toutes façons, y’a plus de saisons. Y’a plus de programme. Y’a même plus d’heure.
A vous l’antenne.